« Quel est le joueur le plus fort avec qui vous avez joué à Nice ?
Renato Civelli, avec qui j'ai aussi joué à Banfield (2004-2006). Pour son jeu de tête, sa mentalité, sa grinta. Parce qu'il était un super défenseur et aussi parce qu'il a été super important pour moi et pour tout le Gym. Il a fait une super carrière.
Le joueur le plus fort contre lequel vous avez joué ?
Deux Parisiens. Zlatan (Ibrahimovic), que j'admirais, et Thiago Silva. Ce n'était pas un monstre physique mais il était trop intelligent. Il sentait tout, il voyait tout, il devinait tout. Je n'ai jamais marqué contre Paris, mais une fois, au stade du Ray, on a gagné 2-1 (le 1er décembre 2012) et j'ai été sur l'action du premier but (passe décisive pour Éric Bauthéac). J'ai quand même fini deuxième meilleur buteur ex aequo du Championnat cette saison-là (avec Pierre-Emerick Aubameyang, alors à Saint-Étienne) derrière Zlatan. Zlatan en a mis 30, moi 19, mais je jouais à Nice et j'avais une occasion de but par match. (Il rigole.)
« Je viens d'Argentine, les insultes, ça passe par une oreille et ça sort par l'autre. Et puis moi, je n'étais pas un ange non plus »
Le joueur le plus méchant en Ligue 1 ?
Simon Kjaer, à Lille (2013-2015), qui a joué à l'AC Milan ensuite. Il m'a mis des coups, il m'a insulté, il était détestable. Mais bon, je viens d'Argentine, les insultes, ça passe par une oreille et ça sort par l'autre. Et puis, je n'étais pas un ange non plus. Je pense aussi à (Sébastien) Squillaci, à Bastia (2013-2017), ça se passait à la corse là-bas, il était méchant lui.

Le joueur le plus fou que vous avez croisé ?
Ça se joue entre (Alexy) Bosetti et (Nemanja) Pejcinovic, à Nice. Bosetti était fou à cause de son amour pour l'OGC Nice. Et Nema te regardait avec des yeux de fou à l'entraînement, tu ne savais pas s'il voulait te bouffer ou pas. Le mec faisait peur. Bosetti, lui, c'était l'ultra de notre vestiaire, on avait un mec de la BSN (Brigade Sud Nice) avec nous. Il chantait les chansons de la BSN avant le match, après le match, pendant le match.
1,77 m
Ancien attaquant.
69 matches de L1, 30 buts.
Carrière pro : Banfield (ARG, 2003-2008), Ajax Amsterdam (HOL, 2008-2010), Pachuca (MEX, 2010), Ajax Amsterdam (HOL, 2010-2011), Boca Juniors (ARG, 2011-2015), Nice (2012-2014), Pachuca (MEX, 2015), Miami FC (USA, 2016), Banfield (ARG, 2017-2019), Racing Club (ARG, 2019-2022).
Palmarès : Ligue des champions de la Concacaf 2010 ; Championnat des Pays-Bas (2011), Championnat d'Argentine (ouverture 2011, 2019).
Le joueur du Gym que vous aimeriez revoir ?
David Ospina (gardien colombien de Nice entre 2008 et 2014). On s'envoie des textos, mais ça doit faire huit ou dix ans qu'on ne s'est pas vus. C'était mon grand copain. Avec Renato, on se faisait des barbecues en famille.
Le transfert qui aurait pu se faire ?
À l'AS Rome. Fin 2013, après ma saison à 19 buts à Nice, Rudi Garcia est devenu entraîneur de la Roma. Il me connaissait de la Ligue 1 mais c'était trois jours avant la fin du mercato. Jean-Pierre Rivère (le président) et Julien Fournier (le directeur général) ont dit non. C'était une opportunité unique, mais je ne l'ai pas trop mal vécu car j'étais bien à Nice.
Quel est le moment où vous vous êtes senti le plus fort dans votre carrière ?
Ma première saison à Nice. J'ai marqué un doublé contre Brest (en Coupe de la Ligue, 4-2 au 3e tour) dès mon quatrième match avec le Gym et, ensuite, ça ne s'est jamais arrêté. J'ai mis 22 buts en étant blessé deux mois (février et mars 2013). C'était incroyable.
« Nice, c'était important pour moi. Avec le recul, je ne voulais pas partir au Mexique »
Le moment le plus dur de votre carrière ?
En décembre 2014, je suis parti en vacances pour dix jours, en Argentine. Et pendant que je suis là-bas, Nice et Pachuca s'entendent pour me transférer. Tout se fait vite et je pars directement d'Argentine au Mexique, sans repasser par Nice, sans dire au revoir à personne, sans vider mon appartement. Ce sont des amis qui m'ont envoyé toutes mes affaires. Et je ne suis revenu à Nice que huit ans plus tard, en 2022. Je crois que je ne voulais pas partir au Mexique. J'y suis allé pour le contrat, et parce que Nice ne me proposait rien.

Les buts inoubliables avec Nice ?
Un lob contre Évian (3-2, le 15 décembre 2012) depuis l'extérieur de la surface. Mais le plus inoubliable, c'est ce penalty contre Valenciennes le jour de l'inauguration de l'Allianz Riviera (4-0, le 22 septembre 2013). C'est moi qui les tirais mais j'ai ressenti une énorme pression, comme rarement. Et comme à chaque fois que je me sentais sous pression sur un penalty, j'ai frappé très fort en lucarne, croisé, et j'ai marqué.
« Quand on est arrivé, Puel a rigolé et m'a dit : "T'es venu avec ton avocat ou avec ton garde du corps ?" C'était tendu, il est dur, il a son caractère »
La dispute la plus forte dans le vestiaire niçois ?
Avec Puel, après une élimination en Coupe de la Ligue contre Montpellier (2-3, en quarts-de-finale, le 28 novembre 2012). Il m'avait laissé sur le banc pendant tout le match, il voulait me préserver pour le match suivant, en Championnat. Sauf qu'on s'est fait éliminer. J'ai filé à la douche au lieu d'aller au décrassage sur le terrain. Puel est venu me chercher dans la douche et je lui ai dit que je n'irais pas au décrassage.

J'ai pris une grosse amende, on s'est tellement disputés que le président Rivère a dû intervenir. Deux jours plus tard, j'ai été convoqué dans le bureau de Puel. Comme je ne parlais pas encore bien français, j'ai demandé à Renato (Civelli) de venir avec moi pour traduire, car j'avais plein de choses à dire. Quand on est arrivés, Puel a rigolé et m'a dit : "T'es venu avec ton avocat ou avec ton garde du corps ?" C'était tendu. J'ai dit à Claude : "OK, ce n'est pas bien ce que j'ai fait, c'est de ma faute, mais je suis le buteur de cette équipe et on a perdu ce quart de finale."
Renato m'a calmé car c'était chaud. Aujourd'hui encore, on en parle et Renato se marre en me disant : "Heureusement que j'étais là ce jour-là car, sinon, le coach t'aurait cassé la tête à la bagarre, petit comme tu es." »
« On est plusieurs associés et je suis le seul ancien joueur, explique-t-il. On a 110 joueurs, tous Argentins, dont Leonardo Balerdi (Marseille) ou Enzo Barrenechea (Benfica). On en a en Russie, en Croatie, au Brésil, partout. On a des joueurs de tous les âges, à partir de 13 ans. Mon vécu est utile. J'ai parlé avec le président Rivère, je lui ai dit qu'on allait bientôt lui ramener un bon joueur argentin car tous les Argentins ont réussi à Nice. »